( 28 juin, 2008 )

Carl Philip Gottfried (ou Gottlieb) von Clausewitz

Biographie

 Il est issu d’une famille d’origine silésienne (Oberschlesien) de la classe moyenne qui revendique cependant des origines nobles. Son père a reçu une commission d’officier pendant la guerre de Sept Ans mais il est démis de ses fonctions à l’issue du conflit, en raison de sa modeste extraction. Cette noblesse n’est reconnue qu’en 1827. Il commence comme cadet (Fahnenjunker) et élève officier (Offizieranwarter) en 1792 au 34ème Régiment d’Infanterie à Potsdam. Il participe aux campagnes de la première coalition en France durant les guerres révolutionnaires (1792-1794). Il reçoit son baptême du feu au siège de Mayence (1793). En 1795, il rejoint la garnison de Neuruppin où il est promu lieutenant. Il profite de la vie de garnison pour satisfaire sa curiosité intellectuelle et perfectionner ses connaissances dans de nombreux domaines. Il est admis à l’académie militaire de Berlin en octobre 1801. L’établissement est dirigé par Scharnhorst qui devient son mentor et son protecteur. Il sort en 1804 parmi les meilleurs de sa promotion. Il est nommé aide de camp du prince Auguste de Prusse. Il participe aux campagnes de 1806. Il est capturé par les Français à l’issue de la bataille d’Auerstaedt le 14 octobre 1806 et passe deux ans en captivité, en France et en Suisse.  Il est libéré en 1808. Il devient l’assistant de Scharnhorst en 1809 en vue de la réorganisation de l’armée prussienne. En 1810, il est promu major, nommé professeur à l’académie militaire et devient responsable de la formation militaire du prince héritier de Prusse, le futur Guillaume Ier. Il se marie avec Marie comtesse von Brühl. En 1812, refusant la collaboration militaire avec les Français, il quitte la Prusse et rejoint l’armée impériale russe. Il laisse au prince héritier un ouvrage « Des principes de la guerre ». Il participe à la campagne de Russie et parvient à retourner les généraux prussiens notamment le corps d’armée du Général Yorck contre les Français. Il devient alors officier de liaison russe auprès de l’état-major de Blücher puis chef d’état-major de la légion germano-russe. En 1814, il réintègre l’armée prussienne avec le grade de colonel. Il participe à la campagne de Waterloo en tant que chef d’état-major du 3e corps d’armée prussien du général Thielmann.  En 1816-1818, il est membre de l’état-major du général Gneisenau à Coblence. En 1818, il est promu major-général et est nommé directeur de l’administration de l’académie militaire de Berlin, poste qu’il occupe jusqu’en 1830. Ecarté de l’enseignement, il met ces années à profit pour se consacrer à l’étude et à la rédaction de son œuvre. En 1830, il est nommé chef d’état-major de l’armée de Gneisenau, levée pour surveiller et contenir la révolution polonaise. Il meurt le 16 novembre 1831 à Breslau des suites du choléra contracté sur le champ de bataille.  Entre 1832 et 1837, sa femme Marie fait publier son œuvre. 

Une référence universelle en matière stratégique 

Les écrits de Clausewitz sont une base majeure de la théorie stratégique moderne. Ses idées suscitent toujours des nterprétations parfois contradictoires et d’ardentes discussions.  Dans un premier temps, l’œuvre de Clausewitz n’était pas destinée, à l’origine, à être publiée. Son traité majeur De la Guerre (Vom Kriege) est avant tout une compilation d’écrits épars. Toutefois, cette imperfection n’empêche pas son œuvre d’être une des plus réalistes et des plus complètes en matière de stratégie. Dans un deuxième temps, les notions qu’il aborde dépassent largement le simple domaine militaire et influencent un grand nombre de sciences humaines en particulier la science politique ou l’économie.  Dans un troisième temps, ses théories sont essentiellement descriptives. Il ne cherche pas à imposer des solutions qu’il aurait découvertes dans toutes ses campagnes, mais il donne au lecteur des instruments conceptuels et dialectiques extrêmement puissants pour saisir toute la complexité de la stratégie et pour gérer l’incertitude. C’est ce qui a permis à son œuvre de traverser deux siècles et d’être toujours pertinente. Les controverses qui entourent son œuvre résident principalement dans l’interprétation des notions qu’il développe et dans l’importance que chacun des lecteurs a apporté à tel ou tel concept pour soutenir ses propres théories. C’est ce qui explique que tant de personnes aussi diverses que le duc de Wellington, Moltke (l’ancien), Liddell Hart, J.F.C. Fuller, Lenine, Hitler, Mao Tsé Toung, Patton, Dwight Eisenhower, Henry Kissinger, Raymond Aron, René Girard, etc. l’aient considéré comme une référence intellectuelle essentielle. 

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