( 24 juin, 2008 )

Le colonel Denfert-Rochereau

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Issu d’une famille de confession protestante originaire de Jarnac, Pierre Marie Philippe Aristide Denfert-Rochereau naît le 11 janvier 1823 à Saint-Maxent, dans le département des Deux-Sèvres.  Après un premier échec, il parvient finalement à intégrer l’École polytechnique en 1842, et opte pour une carrière militaire en 1845, de son propre aveu du fait de son médiocre classement. Sorti premier de l’école d’application de l’artillerie et du Génie de Metz, le jeune lieutenant est affecté au 2ème régiment du Génie à Montpellier en 1847.  Denfert-Rochereau participe à la prise de Rome en 1849, avant d’être promu capitaine et de prendre part à la guerre de Crimée, notamment au siège de Sébastopol en 1855 où il est blessé par balle à la jambe gauche. Rapatrié en France, il enseigne cinq ans la fortification à l’école d’application de Metz, avant de partir pour l’Algérie, où il fait bâtir casernes, ponts et barrages.  Désormais titulaire du grade de lieutenant-colonel, Denfert-Rochereau reçoit le commandement du génie de Belfort. L’officier entreprend d’aménager les défenses de la ville, dont il devient gouverneur en octobre 1870. Au sud de l’Alsace, Belfort est un chef-lieu d’arrondissement, sous-préfecture du département du Haut-Rhin, alors que la France est en guerre avec les armées allemandes coalisées autour de la Prusse depuis le mois de juillet. Dès le 3 novembre 1870, la région de Montbéliard est envahie par les puissantes armées ennemies, et Denfert-Rochereau doit organiser la résistance de Belfort, place forte barrant l’entrée de la Bourgogne. Assailli par plus de quarante mille soldats menés par Werder, Denfert-Rochereau ne dispose que d’environ quinze mille hommes, dont un modeste quart sont issus d’unités régulières de ligne. À la sommation de rendre la ville, Denfert-Rochereau aurait répondu à l’ennemi :  » Nous connaissons l’étendue de nos devoirs envers la France et envers la République et nous sommes décidés à les remplir « .  Refusant la sortie des vieillards, femmes et enfants, la machine de guerre prussienne utilise dès le mois de décembre 1870 plus de deux cent pièces d’artillerie, et bombarde Belfort dans l’espoir de mettre un terme au siège. Retranché dans une casemate de la tour des Bourgeois, à la porte de Brisach, Denfert-Rochereau n’accepte pas de baisser les armes, malgré les pertes humaines au sein de ses troupes et l’aggravation de la situation sanitaire de la population civile. Le combat se poursuit après l’armistice du 28 janvier 1871, et Denfert-Rochereau ne consent à se rendre que le 13 février, sur ordre exprès du gouvernement provisoire. Après 103 jours de combats, les assiégés, encore forts de douze mille hommes, quittent Belfort devant les Prussiens qui leur rendent les honneurs de la guerre. Cette résistance héroïque sauve l’honneur d’une France meurtrie par la défaite de Napoléon III et de Mac-Mahon à Sedan, et la reddition de Bazaine à Metz. Elle permet à Adolphe Thiers, élu chef du pouvoir exécutif de la République française le 17 février par l’Assemblée nationale, d’obtenir des vainqueurs la conservation de l’arrondissement de Belfort au sein de la France, le Traité de Francfort du 18 mai 1871 prévoyant de céder à l’ennemi le reste de l’Alsace et une partie de la Lorraine.   

Élu représentant du Haut-Rhin à l’Assemblée nationale dès le 8 février, le héros de Belfort donne sa démission lors de la signature des préliminaires de paix. Élevé au grade de commandeur de la Légion d’honneur le 18 avril 1871, Denfert-Rochereau est placé en position de disponibilité du fait de ses positions républicaines affirmées, et ne participe donc pas à la répression sanglante de la Commune. Désormais civil, il est élu dans trois départements aux élections du 18 juillet 1871, et opte pour la Charente-Inférieure, en siégeant auprès de la gauche républicaine dans une assemblée à majorité conservatrice et monarchiste. Réélu en février 1876 dans le VIème arrondissement de Paris, il s’inscrit au groupe de l’union républicaine des gambettitstes, et se range naturellement aux côtés des opposants au général Mac-Mahon lors de la crise du 16 mai 1877. Lors de son troisième mandat, il se consacre plus particulièrement aux questions militaires, et revendique notamment le rétablissement du droit de vote pour les militaires, qui en sont privés depuis 1872. 

Il meurt au palais de Versailles le 11 mai 1878, et reçoit des funérailles nationales lors de son inhumation à Montbéliard. 

Denfert-Rochereau et le siège de 1870-1871 

La guerre de 1871 souligna les lacunes du système défensif français : des réservistes appelés sous les drapeaux en étaient réduits à mendier dans les rues de Strasbourg. Face aux armées Prussiennes et Bavaroises, les Français, mal préparés et mal commandés se battaient avec l’énergie du désespoir.  Après les prises de Strasbourg le 27 septembre, de Mulhouse le 3 octobre et de Colmar le 8, les troupes prussiennes arrivèrent devant Belfort le 4 novembre. Le maréchal prussien Moltke à la tête de 40 000 hommes établit un siège autour de la cité. La ville était alors gouvernée par le colonel français Denfert-Rochereau à la tête de 17 000 hommes dont 3 500 seulement de l’armée active, le reste des troupes étant composé de gardes mobiles de différentes régions, de douaniers et de gendarmes. Un siège de 103 jours commençait. 

Le 3 décembre, un bombardement terrible était lancé depuis Essert par les Prussiens. Il allait durer 73 jours. 

Le 8 janvier, les troupes prussiennes s’attaquèrent à Danjoutin et s’emparèrent du village malgré la résistance opiniâtre des habitants. 

Les 15 et 16 janvier, le général Bourbaki, à la tête de 100 000 hommes tenta de débloquer Belfort mais il échoua. 

Les armées ennemies qui, jusqu’à présent ne pouvaient envoyer que des obus en raison de leur distance, une fois à Danjoutin, commencèrent à lancer des bombes sur Belfort. L’effet de ces dernières fut désastreux, elles provoquèrent un grand nombre d’incendies. Cependant, grâce au courage de quelques guerriers volontaires n’hésitant pas à franchir les lignes ennemies, Belfort ne fut jamais complètement isolée et les missives et journaux continuèrent d’arriver. Les Belfortains restèrent donc informés, notamment grâce au Journal du siège créé par M.Favret pour les circonstances. 

Le 13 février, Denfert reçut une dépêche du gouvernement de la défense nationale lui ordonnant de remettre la place aux Allemands. Belfort se rendit le 18 février 1871 alors que Paris avait déjà capitulé depuis le 28 janvier. 

Les pertes furent importantes. 459 personnes moururent du fait de la guerre et 823 moururent des épidémies qui ont suivi (variole, typhoïde, dysenterie…). Les pertes matérielles furent évaluées à 2 762 872 francs-or.  Le président du gouvernement de la défense nationale, Adolphe Thiers, obtint de la Prusse que le territoire de Belfort resta français. En échange, la France dut céder à l’occupant une partie supplémentaire de la Lorraine. Belfort pour sa conduite héroïque face aux assiégeants devint un département français, le Territoire de Belfort, mais resta occupée par les Prussiens jusqu’en 1873. Le colonel Denfert-Rochereau, devenu gênant par sa popularité grandissante reçut le 10 mars 1871 un « ordre de mise en non-activité par suppression d’emploi ». 

Composition de la garnison d’environ 16.200 hommes répartis dans les unités suivantes : 

Un bataillon du 84e de ligne.
Un bataillon du 45e de ligne.
Le dépôt du 48e, d’un faible effectif.
Une demi-batterie à pied du 7e d’artillerie.
Quatre demi-batteries à pied du 12e d’artillerie.
Une demi-compagnie du 2e de génie. 

Les unités de la Garde nationale mobile 

Une compagnie du génie formée dans la mobile du Haut-Rhin.
Trois batteries de la garde mobile du Haut-Rhin. 

Deux batteries de la garde mobile de Haute-Garonne.
Trois compagnies du Haut-Rhin.
Le 57e régiment à 3 bataillons de la Haute-Saône.
Le 4e bataillon de la Haute-Saône (isolé).
Le 16e régiment du Rhône à 2 bataillons.
Cinq compagnies de Saône- et- Loire.
Deux compagnies des Vosges. 

Les unités de la Garde nationale mobilisée, sédentaire, divers 

Trois compagnies de mobilisés du Haut-Rhin.
Environ 390 hommes de la garde nationale sédentaire de Belfort.
Une centaine de douaniers.
Quelques gendarmes à cheval. 

( 22 juin, 2008 )

Giuseppe Garibaldi

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Giuseppe Garibaldi, né à Nice, le 4 juillet 1807 et mort à Caprera (Royaume d’Italie), le 2 juin 1882, est un homme politique italien, surnommé le Héros des Deux Mondes. 

Ses parents, originaires de la région de Gênes, se sont installés à Nice. Mais, dès l’âge de 7 ans, en 1814, il devient sujet de Victor-Emmanuel Ier, puisque Nice revient à la Maison de Savoie du fait du premier article du traité de Paris. Joseph et les siens acquirent la nationalité française du fait du traité du 24 mars 1860 (article 6 a contrario). Son père est capitaine de la marine marchande, ses frères marchands ou commerçants. À quinze ans, il s’engage comme mousse et fait son premier voyage à Odessa. C’est à 18 ans, en 1825, qu’il découvre Rome. Ce voyage à Rome est pour lui une révélation, mais aussi une déception : la Rome des papes, exsangue, corrompue est bien différente de celle qu’il imaginait. Rome devient alors une obsession. 

En 1833, alors qu’il est capitaine en second du Clorinda, il effectue un voyage vers la Mer Noire au cours duquel il découvre le mouvement « Jeune Italie » de Mazzini. 

En février 1834, il est chargé par Mazzini de provoquer un soulèvement à l’arsenal de Gênes. C’est un échec suite auquel il sera condamné à mort par contumace. En décembre 1835, il s’embarque pour Rio de Janeiro au Brésil. Après quelques années d’activités commerciales, Garibaldi devient en 1838 commandant en chef des forces navales de la République du Rio Grande do Sul. En 1839, il rencontre Anita qui deviendra sa femme en 1842. 

C’est au cours de la défense de Montevideo, en 1843 que la légion italienne qu’il commande endosse la chemise rouge (vêtement à l’origine destiné à des ouvriers des abattoirs argentins). Cette chemise rouge est un élément essentiel du mythe garibaldien, mais il faut aussi mentionner le chapeau de gaúcho et le poncho de la pampa. 

Lorsque la révolution éclate en Italie en 1848, Garibaldi, dont la réputation a précédé la venue, offre son épée au roi de Sardaigne et identifie désormais son destin à celui de l’Italie. Il devient alors le héros des guerres du Risorgimento contre l’Autriche pour débarrasser le sol italien de la présence étrangère en Lombardie-Vénétie (guerres contre l’Autriche, 1848, 1849, 1859, épopée de la République romaine et l’artisan de l’unification italienne, des Alpes à la Sicile. 

La fuite de Rome et la mort d’Anita 

Pendant la République romaine, Garibaldi a été le général le plus important et brillant de l’armée romaine, formé d’italiens de toute la péninsule et aussi d’étrangers (suisses principalement). Le 8 février 1849, la République romaine est proclamée. Garibaldi, qui a été nommé général de brigade de la République romaine, est vainqueur des Français le 30 avril. Il anime la résistance du 3 juin au 3 juillet. Face aux troupes françaises bien entraînées et équipées, il résiste un mois dans une bataille de tranchées alors qu’il est plutôt habitué à des actions de guérillas. Il montre ainsi un fois de plus son génie. Avec la fin de République romaine, Garibaldi quitte la cité avec l’intention de rejoindre Venise où la République de Venise résistait encore aux Autrichiens. Poursuivi par ses ennemis, il se réfugie à Saint-Marin le 31 juillet. Le 2 août 1849, la ville de Cesenatico ravitaille Garibaldi et lui fournit 13 bateaux de pêche pour qu’il puisse, avec ses hommes, rejoindre Venise par la mer.  Le 3 août, il est obligé d’accoster dans les marais de Comacchio (delta du Pô), pour y déposer, dans une petite maison de pêcheur, son épouse Anita, gravement malade et qui y mourut le 4 août. 

Garibaldi réussit à échapper à ses poursuivants. Mais découragé et blessé dans son orgueil, il s’embarque de nouveau pour l’Amérique. Après une brève période à New York (juillet 1850 – mars 1851) où il travailla dans l’usine de chandelle d’Antonio Meucci, l’inventeur du téléphone, il repart pour le Pérou pour s’engager comme capitaine dans la marine et parcourir le monde : Lima, la Chine, Manille, l’Australie… 

Les Mille de Garibaldi : l’expédition de Sicile 

En 1858-1859, Garibaldi est chargé par Cavour de constituer ds troupes qui deviendront par la suite le corps des Chasseurs des Alpes avec le grade de major-général. 

En mars 1860, il est élu député de Nice. Le 15 avril, Nice devient française. Garibaldi démissione de son mandat ne pouvant se faire à l’idée du « troc de Nice ». 

D’avril à mai 1860, il s’agit de réunir des volontaires et de fixer les grandes lignes stratégiques et le soutien logistique de l’opération, le nombre de volontaires est difficile à connaître, mais proche du millier, ce qui a donné son nom de légende à l’entreprise. 

L’embarquement des troupes a lieu les 5 et 6 mai à Gênes, à Quarto, et le voyage commence dans le désordre avec la perte des péniches chargées de munitions et de vivres. Le 11 mai, l’escadre arrive en Sicile et débarque à Marsala, bénéficiant de la protection de deux navires britanniques à l’entrée du port. 

Sur la grande île, les combats tournent à l’avantage des garibaldiens aidés de nouveaux volontaires venus de Sicile et du Piémont : ils remportent sur les troupes de François II la victoire de Calatafimi le 15 mai 1860, s’emparent de Palerme le 27 mai et viennent à bout d’une contre-offensive napolitaine aux abords du détroit de Messine, à Milazzo, le 20 juillet. Depuis mai, Garibaldi s’est proclamé dictateur (au sens romain du terme) et, en juin, a déclaré aboli le pouvoir du roi de Naples sur la Sicile. Dès lors, Garibaldi veut poursuivre sa conquête sur le continent et marcher sur Naples. Ce fut le cas, après une longue crise politique opposant Garibaldi à Cavour, puisque le premier, contrairement au second, ne veut pas céder la Savoie et Nice à la France de Napoléon III. 

Le 14 mars 1861, le royaume d’Italie est proclamé. 

En 1862, ont lieu des affrontements entre les garibaldiens et les troupes piémontaises. 

En 1866, rappelé par le gouvernement, il reçoit le commandement d’un corps d’armée. L’armistice est signée avec les Autrichiens le 25 juillet 1866. 

En 1867, Garibaldi est candidat, de gauche et anticlérical, aux législatives. Il est arrêté et assigné à résidence sur son île de Caprera (acquise én 1855) en septembre, dont il s’évade dès octobre 1867 pour reprendre son combat contre les troupes françaises et pontificales. 

Il lui faudra attendre la défaire de l’Empire français et la capitulation de Napoléon III du 2 septembre 1870 pour que Rome soit conquise par les troupes italiennes le 20 septembre 1870. Le 2 octobre 1870, Rome est rattachée à l’Italie suite à un plébiscite. Le rêve italien de Garibaldi est réalisé, mais les motifs de combat existent toujours et en particulier la défense de la République. 

Les batailles de France 

Les comités de Défense Nationale, sous l’impulsion de Gambetta, font appel à Garibaldi. En 1870, il mit son épée au service de la France lors de la guerre franco-allemande, Le 25 et 26 novembre, avec ses deux fils, Ricciotti et Menotti, à la tête de 10 000 tirailleurs français de l’Armée des Vosges, il remporte une victoire à Dijon (bataille de Dijon). C’est à cette occasion qu’il devient le seul des commandants français à avoir obtenu une victoire contre les Prussiens. 

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En février 1871, Garibaldi est élu, sans avoir été candidat, à l’Assemblée nationale française comme député de la Côte-d’Or, de Paris, d’Alger et de Nice. À Paris, il arrive en quatrième position derrière Louis Blanc, Gambetta et Victor Hugo. Il déclinera pourtant ses mandats, blessé par l’accueil de la nouvelle majorité monarchiste de la Chambre, ce qui entrainera la démission de Victor Hugo de son propre mandat en signe de soutien. Le 10 mars, le corps des volontaires garibaldiens est dissous. Le 15, il retourne à Caprera. Le 24, les insurgés de la Commune font appel à Garibaldi pour prendre leur tête, mais le vieil héros décline la proposition. 

Il faudra attendre 1876 pour que Garibaldi accepte une pension de l’État italien. 

Garibaldi resta dès lors une des figures du séparatisme niçois. À propos du rattachement de Nice à la France par le Second empire et la IIIe République naissante, il déclara : Je ne reconnais à aucun pouvoir sur terre le droit d’aliéner la nationalité d’un peuple indépendant et je proteste contre la violence faite à Nice avec la corruption et la force brutale en me réservant pour moi et mes concitoyens le droit de revendiquer mon pays natal, pour que le droit des gens ne soit pas une vaine parole. Ayant choisi de s’exiler de Nice pour ne pas souffrir de voir l’occupation et l’annexion française de sa patrie, il refusa d’y remettre les pieds tant que Nice ne serait pas devenue une nation souveraine (le retour de Nice à la France faisait partie d’un accord secret entre Camillo Cavour et Napoléon III qui aboutira au Traité de Turin (1860)). 

Il mourut le 2 juin 1882 sur l’île de Caprera. 

Testament symbolique de Joseph Garibaldi : « Je lègue : mon amour pour la Liberté et la Vérité ; ma haine du mensonge et de la tyrannie ». 

( 22 juin, 2008 )

Charles Auguste Frossard

Charles Auguste Frossard est né le 26 avril 1807 et est mort le 25 août 1875 à Châteauvillain (Haute-Marne), était un général français. Il entre à l’École polytechnique  en 1827. Il participe au siège de Rome en 1849 et au siège de Sébastopol en 1855, après quoi il est promu général de brigade en 1855, puis général de division quatre ans plus tard et chef du génie. C’est dans ce grade qu’il prend part à la la campagne d’Italie. Il participe à la bataille de Magenta. Il est fait Grand Officier de la légion d’honneur le 25 juin 1859. Le 28 décembre 1867, il reçoit la Médaille Militaire et Napoléon III, en fait son aide de camp et gouverneur de son Altesse le Prince impérial.  

Dans la période 1866-1870,  ayant jugé le conflit inévitable entre la France et l’Allemagne, il tente de préparer son pays à la guerre. Lorsque que celle-ci éclate, Napoléon III lui donne le choix entre le commandement d’un corps et le poste de chef d’état-major. Il choisi le commandement du 2e corps. Le 6 août 1870 à la bataille de Forbach-Spicheren il tente de tenir la position en attendant des renforts qui ne lui parviendront jamais, mais est contraint se retirer.   

Le 16 août, à la Mars-la-Tour, le 2e corps supporte seul les charges de l’ennemi. Frossard sauve la situation en lançant la charge de la cavalerie, mais Bazaine qui ne s’entend pas avec Frossard, exploite mal la victoire. Après la défaite à la bataille de Saint-Privat l’armée française est enfermée dans le siège de Metz, et tente de résister à la 2e armée du prince Frédéric Charles de Prusse. Bazaine décide de la reddition le 23 octobre.    Vice-président de la Commission de défense des côtes. Président du Comité des Fortifications, partisan de camps retranchés, il s’oppose au général Serré de Rivière.       

( 22 juin, 2008 )

Friedrich Franz II von Mecklenburg-Schwerin

Friedrich Franz II ou Frédéric-François II (28 février 1823 – 15 avril 1883) fut Grand-duc de Mecklenburg-Schwerin de 1842 à 1883. Il était le fils du Grand-duc Paul Friedrich et d’Alexandrine de Prusse. 

En 1842, le père de Friedrich Franz II meurt et à 19 ans, il devient Grand-duc de Mecklenburg-Schwerin. Friedrich Franz voyage beaucoup, il visite par exemple la Russie, l’Italie et l’Orient. Le 20 octobre 1849 il épouse Auguste Reuß zu Schleiz-Köstritz. En 1864, avant la Guerre des Duchés, il se voit offrir le commandement d’un corps d’armée prussien par le Roi Guillaume Ier, offre qu’il décline. D’une part il craint une attaque de la côte mecklembourgeoise par le Danemark, mais d’autre part il est l’ami du Roi danois. Il décide cependant d’accueillir le quartier général prussien. Lors de la Guerre austro-prussienne, il se retrouve du côté prussien. Pendant la Guerre de 1870 il est commandant en chef du XIIIe Corps d’armée de l’Empire allemand. Plus tard, il prend le commandement d’une division composée du Ier Corps d’armée bavarois, de deux divisions de cavalerie prussienne et de deux divisions d’infanterie dans la région d’Orléans. 

( 22 juin, 2008 )

Frédéric Charles de Prusse

Fils de Charles de Prusse et de Maria de Saxe-Weimar-Eisenach. Il était le neveu des rois de Prusse Frédéric-Guillaume IV et Guillaume Ier; sa mère était la soeur de l’épouse de Guillaume Ier. 

Mariage et descendance 

Le 29 novembre 1854, Frédéric Charles de Prusse épousa Marie Anne d’Anhalt-Dessau (1837-1906), (fille de Léopold IV d’Anhalt-Dessau). 

Cinq enfants sont nés de cette union : 

* Marie Élisabeth de Prusse (1855-1888), en 1878, elle épousa Henri d’Orange-Nassau (1820-1879), (fils de Guillaume II des Pays-Bas et d’Anna Pavlovna de Russie). Veuve, elle épousa en 1885 Albert de Saxe-Altenbourg 

* Élisabeth Anne de Prusse (1857-1895), en 1878, elle épousa Frédéric-Auguste d’Oldenbourg (1852-1931) 

* Victoire Adélaïde Charlotte Augusta de Prusse (1858) 

* Alexandra Victoire Louise Marguerite Agnès de Prusse (1860-1917), en 1879, elle épousa Arthur de Connaught et de Strathearn (1850-1942), (fils de Victoria Ire du Royaume-Uni et d’Albert de Saxe-Cobourg-Gotha) 

* Joachim Charles Guillaume Frédéric Léopold de Prusse (1865-1931), en 1889, il épousa Louise Sophie de Schleswig-Holstein-Sonderbourg-Augustenbourg (1866-1952), fille de Frédéric Auguste de Schleswig-Holstein-Sonderbourg-Augustenbourg et soeur de l’impératrice Augusta-Victoria). 

On raconte qu’il ne se retint pas de gifler sa femme, qui lors de son troisième accouchement, venait de donner le jour encore une fois à une troisième fille… 

Biographie 

Frédéric Charles de Prusse fit une brillante carrière dans l’armée, il participa à plusieurs grandes batailles au cours de différentes guerres. 

Enfance 

Frédéric Charles de Prusse naquit au château de Klein à Berlin le 20 mars 1828. De 1842 à 1846, il fut placé sous la tutelle des militaires. En 1846, le comte Albert von Roon l’accompagna à titre de tuteur à l’Université de Bonn puis dans ses voyages en Europe. 

Carrière militaire 

Après ses études, Frédéric Charles de Prusse servit sous le commandement du maréchal de camp Frédéric von Wrangel dans un régiment de cavalerie au cours de la première guerre du Schleswig (1848). Promu major, lors de la campagne militaire dans le Bade, le prince participa à la bataille de Wiesenthal, à la tête d’un escadron de hussards il fut gravement blessé. En 1852, Frédéric Charles de Prusse fut promu colonel, en 1854, général de division, en 1856 lieutenant général. En 1860, le prince publia un ouvrage militaire intitulé : Eine Drenkschryt von PFK militaire. Promu général de cavalerie, Frédéric Charles de Prusse participa à la seconde guerre du Schleswig contre le Danemark en 1864, il occupa le poste de commandant des troupes prussiennes dans les forces expéditionnaires austro-prussiennes. 

Lors de la Guerre austro-prussienne, il se distingua, il commanda la 1ère armée composée du 2ème, 3ème et 4ème corps d’armée. Lors de la bataille de Sadowa le 3 juillet 1866, face à la supériotité numérique des forces armées autrichiennes il fut mis en échec jusqu’à l’arrivée de son cousin, le prince héritier Frédéric Guillaume de Prusse. Ce dernier, à la tête de son armée, attaqua l’armée autrichienne par le flanc. 

Lors du déclenchement de la Guerre franco-prussienne en 1870, Frédéric Charles de Prusse reçut le commandement de la 2ème armée avec laquelle il se distingua dans la bataille de Forbach le 6 août 1870, la bataille de Mars-la-Tour le 16 août 1870, la bataille de Gravelotte et de Saint Privat le 18 août 1870, et au siège de Metz du 3 septembre au 23 octobre 1870. Après la capitulation de Metz, le 28 octobre 1870, son armée fut envoyée dans la région de la Loire pour « nettoyer » la zone autour d’Orléans où les troupes françaises d’abord sous le commandement de Louis d’Aurelle de Paladines, puis d’Antoine de Chanzy tentèrent de marcher vers le nord de Paris afin de soulager les troupes françaises.  En récompense de ses services, Frédéric Charles de Prusse fut promu au grade de generalfeldmarschall. Après la guerre, il fut nommé inspecteur général et promu au grade de maréchal de l’armée impériale de Russie par Alexandre II de Russie. 

Frédéric Charles de Prusse entreprit plusieurs voyages en Orient, dont le dernier eut lieu en 1883, cette année là il se rendit en Égypte et en Syrie. 

Décès 

Frédéric Charles de Prusse décéda le 15 juin 1885 au château de Jagd à Glienicke. 

( 22 juin, 2008 )

August von Werder

August Graf von WerderKarl Friedrich Wilhelm Leopold August Graf von Werder est un général prussien né le 12 septembre 1808 à Schlossberg et décédé le 12 septembre 1888 au château de Grüssow en Poméranie. 

Pendant la guerre de 1870 

Le corps d’armée du général Werder était composé de la division badoise et de la division wurtembourgeoise. 

Il passe la Lauter à Lauterbourg et pénètre en territoire français sans rencontrer de résistance. 

1. Le siège de Belfort 

Situation avant le siège 

Après la Bataille de Frœschwiller-Wœrth, le Prince héritier Frédéric ordonna au général August von Werder de se diriger avec son armée vers la forteresse de Strasbourg. À l’époque, la forteresse de Strasbourg (avec celle de Metz) était considérée comme une des places les mieux défendues de France. L’armée de Werder était forte de 40 000 hommes du Wurtemberg et de Bade qui sont situées de l’autre côté du Rhin par rapport à Strasbourg. La garnison française était forte de 17 000 sous les ordres du général Uhrich, âgé de 68 ans. 

Les premiers bombardements 

Werder sait la valeur qu’aurait la capture de la ville, aussi il rejetta dans un premier temps l’option, plus humaine mais également plus longue, du siège qui aurait obligé les troupes affamées à se rendre. Au lieu de cela, il décida de passer à l’action dès le début en bombardant les fortifications et les civils qui se trouvaient à l’intérieur.Le 23 août les canons de siège allemands ouvrirent le feu, causant des dégâts considérables à la ville et à ses monuments. L’archevêque de Strasbourg alla rencontrer Werder pour le prier de cesser les bombardements et d’épargner la population civile. Il alla même demander à Uhrich de payer 100 000 francs chaque jour où Werder ne bombardait pas la ville. Uhrich refusa la proposition, mais bientôt Werder réalisa qu’il ne pourrait continuer de tels bombardements avec la quantité de munitions qui lui restait. 

Le siège   

Werder continua à bombarder la ville en se concentrant sur certaines parties de fortifications. Les lignes de siège allemande se rapprochaient rapidement de la ville au fur et à mesure que les autres forteresse alentours étaient réduites à l’état de ruine. Le 11 septembre, une délégation de volontaires suisses entra dans la ville pour aider à évacuer les non-combattants. Cette délégation apporta la nouvelle de la défaite française lors de la bataille de Sedan, ce qui signifiait qu’aucun renfort n’allait arriver à Strasbourg. Le 19 septembre, les civils restés dans la ville demandèrent à Uhrich de capituler, mais il refusa, pensant qu’une issue favorable était encore possible. Cependant, le même jour, Weder lança une attaque et captura une des fortifications de la ville. Cet évènement commença à faire douter Uhrich de sa capacité à défendre la ville. Le 27 septembre, Uhrich commença des négociations avec Werder et la ville se rendit le jour suivant. 

Conséquences 

La capitulation de Strasbourg permit aux forces de Werder de s’engager dans de nouvelles opérations, dans le sud-est de la France. Elles combattirent notamment à Belfort qui se rendit en novembre. 

2. La bataille de Villersexel 

La bataille de Villersexel lors de la Guerre franco-allemande de 1870 oppose le 9 janvier 1871 des éléments de l’armée de l’Est sous la direction du général Bourbaki aux troupes prussiennes commandées par le général Werder. Elle se termine par une victoire française, restée sans lendemain, puisqu’elle précède une défaite à l’occasion de la bataille de la Lizaine. 

Contexte   

Les troupes françaises sont affaiblies par d’importantes difficultés de ravitaillement qui freinent leurs mouvements. Cette inorganisation, conjuguée à des conditions climatiques rigoureuses, s’inscrit en outre dans le contexte des déroutes précédentes marquées par les capitulations de Napoléon III à Sedan, du maréchal Bazaine à Metz et du siège de Paris. L’objectif de l’Armée de l’Est est de rejoindre Belfort, où résiste le Colonel Denfert-Rochereau, pour prendre les forces allemandes à revers. 

Déroulement   

Le contact s’opère dans la matinée du 9 janvier dans la localité de Villersexel, où un détachement français s’est installé la veille. Les prussiens parviennent à déborder les troupes qui tiennent le pont sur l’Ognon, en empruntant une passerelle peu protégée en aval. A 13 heures, Villersexel est occupée par les allemands qui prennent possession du château. Les combats se poursuivent aux alentours, à l’Ouest à Esprels et Autrey-le-Vay, à l’Est à Villers-la-Ville. La contre-attaque française est menée dans l’après- midi par Bourbaki lui même, le château étant repris à 17 heures après une mélée confuse où les adversaires s’affrontent au corps à corps. La résistance se poursuit une partie de la nuit, cessant vers 3 heures le 10 janvier avec l’évacuation des troupes prussiennes. Bourbaki ne reprendra son mouvement que le 13 janvier, alors que Werder a pu se replier une vingtaine de kilomètres au Nord sur la Lizaine. 

3. Le siège de Belfort 

Un début de siège difficile   

Lorsque les troupes allemandes, commandées par le général von Werder et son adjoint le général von Tresckow, investissent les pourtours de la ville le 3 novembre, elles se heurtent à une résistance plus vive que prévue. Tout au long du premier mois, la garnison de Belfort parvient à mener des sorties, appuyées par ses canons à longue portée, avec pour résultat l’obligation répétée pour les Allemands de reculer, abandonnant les villages qu’ils pouvaient avoir pris auparavant. Inférieurs numériquement et confrontés à un hiver rigoureux, les Allemands ne peuvent progresser que lentement dans le développement de leur siège. 

Victoires et progressions allemandes 

Ce n’est qu’à partir du 3 décembre que les Allemands, équipés de canons de faible portée, peuvent procéder à un bombardement de la ville, suivi d’une rapide interruption du fait d’une riposte énergique de la garnison. Mais dès le 13 décembre, les assiégeants progressent, conquièrent certaines positions et fortins qui leur permettent de bombarder de façon intensive et quasi continue la ville, d’autant qu’ils reçoivent de nouveaux canons en renfort et que les défenseurs sont depuis le début de janvier affaiblis par une épidémie de typhus et de variole. 

Parallèlement, une armée de l’Est a été constituée dans le but de libérer Belfort, puis, pour une part de porter la guerre à l’est du Rhin et pour l’autre part de couper les arrières des armées allemandes positionnées au nord-est de la France. Le général Bourbaki est à son commandement, mais l’armée progresse lentement et von Werder organise une ligne de défense efficace qui lui permet de concentrer ses troupes au point où les Français font signe de lancer leur attaque principale. Cette attaque à lieu le 16 janvier, après une journée de préparation d’artillerie. Malgré quelques erreurs d’organisation, l’armée de l’Est parvient à durement affaiblir ses ennemis et à les faire reculer à proximité de Belfort, où la population, pleine d’espoir, peut entendre le bruit des bombardements. Mais, à l’image de ce qui s’est passé à Mars-la-Tour six mois plus tôt, Bourbaki, surestimant l’adversaire et sous-estimant ses forces, donne l’ordre de revenir sur les positions initiales, refusant de poursuivre l’avantage. Le 17, ses troupes repoussent victorieusement une attaque surprise d’un régiment badois, mais restent encore sur place, puis le 18, Bourbaki ordonne la retraite. C’en est fini des espoirs de libération pour Belfort. 

C’est avec des troupes renforcées et du matériel supplémentaire que von Tresckow peut redoubler d’intensité dans le siège des fortifications. Mais son désir de voir chuter Belfort le rend imprudent ou impatient, et le 27 janvier, il lance une offensive prématurée et insuffisamment protégée sur la redoute des Perches, qui lui coûte la vie de 500 hommes. Il doit alors se résoudre à une avance en tranchées, plus prudente et plus adaptée à son infériorité numérique persistante. C’est le 8 février qu’il parvient à s’emparer de la redoute des Perches, ouvrant la voie à l’attaque directe du château. L’issue du siège est désormais jouée : les défenseurs ne seront plus capables de résister bien longtemps. 

L’ordre de la reddition 

Mais les opérations sont suspendues à l’annonce de l’intégration de Belfort dans l’armistice général (15 février) et le 18 février, Denfert-Rochereau reçoit un ordre exprès du gouvernement de la Défense nationale, présidé par Louis Adolphe Thiers, lui intimant l’ordre de rendre les armes. C’est donc après un siège de 103 jours où sa garnison et la population firent preuve d’une résistance héroïque que Belfort fut quittée par ses défenseurs, munis d’un laissez-passer et portant fièrement leurs armes. 

La garnison comprenait initialement 17 700 hommes, dont 4 750 trouvèrent la mort, ainsi que 336 civils, tandis que presque tous les bâtiments de la ville avaient été endommagés par les bombardements. Les Allemands ont quant à eux perdu environ 2 000 hommes pendant le siège. 

La résistance de Belfort sauva l’honneur d’une France humiliée et déshonorée par la défaite de Mac-Mahon à Sedan et la honteuse reddition de Bazaine à Metz. Elle offrit aussi la possibilité à Thiers de négocier la conservation de l’arrondissement de Belfort au sein de la France, alors qu’il faisait auparavant partie de l’Alsace, désormais revendiquée par les Allemands. 

En hommage à cette résistance, il fut offert à la ville un monument réalisé par Bartholdi et placé sur le flanc de la falaise dominant la ville : le Lion de Belfort. 

4. La bataille de la Lizaine 

En décembre 1870, le gouvernement constitue une nouvelle armée sous l’autorité du général Charles Denis Bourbaki. Cette dernière dénommée Armée de l’Est, prend naissance à Bourges et s’étoffe tant bien que mal durant son parcours en direction de l’est (Chalon-sur-Saône, Besançon). Elle a pour objectif de couper les arrières et les lignes de communication des Prussiens, et au passage de délivrer Belfort où le colonel Denfert-Rochereau et ses troupes se sont enfermés dans la citadelle… Après avoir débarqué le gros de l’Armée dans la petite gare de Clerval (petite ville au nord de Besançon), le général Bourbaki engage sa campagne à l’Est. Première étape : s’emparer de Villersexel (Haute-Saône)… 

Le 8 janvier 1871, la bataille de Villersexel est engagée. Le lendemain, elle connait son apogée par une victoire des troupes françaises. Sous le commandement de l’intuitif général de Werder, les Prussiens se retirent de Villersexel (car pour Werder, cette ville n’a rien de stratégique), et migrent en direction de Montbéliard. Les Prussiens s’installent alors sur une ligne géographique qui suit un petit cours d’eau : la Lizaine. Au sud, Montbéliard-Héricourt, au nord, Frahier. Les troupes prussiennes rejoignent ainsi les contingents qui occupent déjà tout le Pays. De Werder suppute (à raison) le plan de Bourbaki qui est de se diriger sur Belfort afin de reprendre la ville et délivrer la garnison française… 

Mais enlisée à Villersexel dans des problèmes de ravitaillement de toutes sortes, l’Armée de l’Est est incapable de poursuivre rapidement son adversaire. Mettant ainsi à profit cette inaction, les troupes prussiennes prennent pied sur la rive gauche de la Lizaine (ou Luzine), petite rivière qui se jette à Montbéliard dans l’Allan. Cette rivière, bien que peu importante, forme un obstacle naturel. De plus, le remblai de la ligne de chemin de fer qui suit la Lizaine (de Montbéliard à Héricourt) offre un abri inopiné pour les Prussiens. Les Prussiens profitent de ses deux jours de répit (10 et 12 janvier) pour placer des soldats tout le long de la Lizaine. Des bouches à feu sont installées sur les hauteurs : à Chalonvillars (pour défendre Chenebier et Frahier), au Mont-Vaudois (pour tenir Héricourt) et, à Montbéliard (aux mains des Prussiens depuis novembre 1870), au niveau des Grands-Bois et sur ce qu’on appellera plus tard les Batteries du Parc. Les soldats allemands profitent de la valeur défensive de la Lizaine dont la largeur oscille entre 6 et 8 mètres et la profondeur près d’un mètre. Ils font sauter la plupart des ponts, bourrent d’explosifs les autres, aménagent les routes pour faire passer le ravitaillement… Les Français, de leur côté, sont sur un terrain boisé difficile. Ainsi donc, de Montbéliard à Frahier (Haute-Saône), une ligne de front d’environ 20 Km est puissamment défendue. 

Le 14 janvier, les premiers contingents français parviennent dans la région d’Arcey (10 km au nord-ouest de Montbéliard). Après quelques escarmouches avec des postes avancés prussiens, l’Armée de l’Est parvient sur les hauteurs de Montbéliard. Le plan de Bourbaki consiste en une attaque frontale déployée sur 19 km… 

Composée de 140 000 hommes, l’armée est hétéroclite et improvisée. L’ennemi est composé d’environ 52 000 hommes. Le climat en ce début de bataille est extrêmement rigoureux. Il neige, et il a neigé abondamment durant les jours précédents ; la température nocturne atteint -20°. Alors que les prussiens ont trouvé des abris par réquisitions, les troupes françaises bivouaquent dans les bois et dans les chemins creux. En dépit des actes de bravoure accomplis dans la région de Villersexel, c’est une armée épuisée et mal équipée qui arrive pour combattre sur le front de la Lizaine (on manque, par exemple, totalement de fers à glace pour les chevaux). Les premiers combats s’engagent devant les villes d’Héricourt et de Montbéliard. Les troupes pénètrent dans la ville et attaque le château pour y déloger les prussiens qui tirent à l’arme lourde. Le petit village de Béthoncourt au nord-est de Montbéliard connait un douloureux combat durant lequel succombent des bataillons de savoyards et de zouaves. Mais les luttes les plus sanglantes se déroulent devant Héricourt et Chagey. Pendant trois jours, les combats sur la ligne de la Lizaine connaissent des affrontements acharnés. 

Le 18 janvier, aucune percée décisive n’ayant été marquée, le général Bourbaki décide de suspendre les combats et d’opérer la retraite de ses troupes en direction du sud, vers Besançon. La délivrance de Belfort aura donc échoué. Mais prise en tenaille par une nouvelle armée (Manteuffel), l’Armée de l’Est est contrainte de dévier sa marche en direction de Pontarlier. Cette retraite sur le plateau du Haut-Doubs, dans le froid sévère et la neige, est comparable au tableau Le Radeau de la Méduse. Les soldats, affamés, épuisés, décimés par le froid, n’étaient plus que l’ombre d’eux-mêmes. Acculée à la frontière suisse, l’Armée de l’Est était prise au piège. Bourbaki tentera alors de se suicider. Il laissera le commandement de l’Armée au général Clinchant, son principal adjoint. Ce dernier négociera l’internement de l’Armée en Suisse, après son désarmement au passage de la frontière. À partir du 1er février, 87 000 hommes commenceront à passer la frontière, principalement aux Verrières-de-Joux (petit village au sud-ouest de Pontarlier). 12 000 malades ou blessés sont soignés pendant deux mois avant leur retour progressif en France du 13 mars à juin 1871. 11 800 chevaux, 285 canons, 64 000 fusils, 60 000 sabres… sont vendus et plusieurs milliards de francs sont versés à la Suisse à titre de dédommagement. L’armée de l’Est s’est évaporée. Belfort sous le commandement du colonel Denfert-Rochereau, résiste héroïquement aux assauts des prussiens du 14 novembre 1870 jusqu’à la signature de l’armistice le 28 janvier 1871. 

( 23 avril, 2008 )

Portrait : Abel Douay

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Charles Abel Douay est né à Draguignan (Var) le 2 mars 1809. Il est le fils de Charles Louis Barthélemy Douay, capitaine au preùier régiment de ligne, chevalier de la Légion d’honneur, en garnison dans cette ville et de Charlotte d’Autane, son épouse.
Il épouse à Strasbourg
, le 3 novembre 1843 mademoiselle Lina Aimée Louise Heancre, née le 12 janvier 1822 à Passy (Seine). Il est tué au combat de Wissembourg le 4 août 1870. Son frère, Félix Douay (1816-1879), également général de division, a participé à la guerre franco-prussienne (prisonnier lors de la bataille de Seadan). Le général de division Abel Douay est le premier général français tué à l’ennemi pendant la campagne.

( 23 avril, 2008 )

Portrait : Mac-Mahon

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[...] « Le général en chef de l’armée de l’Alsace, le chevaleresque duc de Magenta, qui devait porter le poids de cette cruelle journée*, est de haute stature, sa taille est élancée sans maigreur, ses cheveux sont blancs ainsi que sa moustache, son sourire d’une exquise bonté, ses yeux gris pleins de vivacité, sa peau bronzé comme celle des vieux chasseurs ; toute sa personne respire un grand air de dignité et de noblesse. L’âme répond à son enveloppe extérieur. Jamais poitrine n’abrita un coeur plus vaillant ni plus loyal. Mac-Mahon est du petit nombre de ceux qui ne déclinent jamais une responsabilité, quelque lourde qu’elle soit, et qui au milieu des plus grands désastres se font respecter de tous. N’accusant jamais, ne suspectant la loyauté de personne, il impose à ceux qui l’approchent une sincère admiration pour ses grandes et mâles vertus. On peut critiquer ses actes, jamais ses intentions, dont la droiture ne saurait même donner l’ombre d’un soupçon. Peut-être ces vertus extraordinaires en ces temps troublés ont-elles fait au brave maréchal une réputation un peu surfaite : car, à l’exception de quelques rares personnes que leur sympathie n’empêchent ni d’observer ni de juger ceux qui en sont l’objet, le monde lui supposait un génie à la hauteur de son grand coeur. Le monde se trompait : le héros de Malakoff, le vainqueur de Magenta est un soldat incomparable, un excellent tacticien à la tête de d’un corps de 20 à 30,000 hommes, mais son esprit est loin d’être assez vaste pour embrasser les mille détails d’un commandement en chef étendu. Notre nation, naturellement impressionnable et passionnée, juge trop les hommes et même les peuples d’après les sentiments qu’ils inspirent. Cependant, si l’on n’a plus une si haute opinion des qualités militaires du maréchal, son caractère a noblement résisté à la terrible épreuve de la campagne de 1870″.

 

* La défaite de Woerth-Froeschwiller du 6 août 1870. (Extrait de La Guerre de 1870-71, histoire politique et militaire de A. Wachter édité chez La chaud à Paris en 1872).

 

 

( 23 avril, 2008 )

Portraits : Napoléon III et le maréchal Leboeuf

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Napoléon III,  fils de Louis Bonaparte, le frère de Napoléon 1er et de Hortense de Beauharnais, naît en 1808. Il deviendra président de la seconde République puis Empereur des français. Après la révolution de 1848, il est élu à l’Assemblée constituante et Président la même année. En 1852 il dissout l’Assemblée et approuvé par le peuple par un plébiscite, se proclame Empereur. L’Empire est solennellement proclamé le 2 décembre de cette même année. En 1870 Napoléon déclare maladroitement la guerre à la Prusse. Après le défaite de Sedan, le 2 septembre 1870, il est fait prisonnier et part en captivité en Allemagne. Il est destitué et la troisième République est proclamée le 4 septembre 1870. Exilé en Angleterre, il s’éteint  en janvier 1873.

 

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Edmond Leboeuf né à Paris le 5 décembre 1809, mort le 7 juin 1888. Il est nommé ministre de la guerre le 21 août 1869 et maréchal de France le 24 mars 1870. Lors de la déclaration de la guerre à la Prusse il aura une phrase malheureuse qui est restée comme un exemple de « bourde » énorme : « Nous sommes prêts, archi-prêts ; quand la guerre devrait durer un an, il ne nous manquera pas un bouton de guêtre ». Son imprévoyance et son optimiste exagéré, « l’armée prussienne n’existe pas. Je la nie ! » lui vaudront, après la défaite, le surnom de « glorieux hanneton ». En juillet 1870 il est major général de l’armée du Rhin mais le 9 août, après les premières défaites françaises, le gouvernement de Emile Ollivier est renversé et Leboeuf est démis de sa fonction de ministre de la guerre. En août 1870 il participe aux batailles de Rezonville, Saint-Privat et Noisseville. Il fait preuve d’un authentique courage mais il est fait prisonnier le 28 octobre avec l’armée du Maréchal Bazaine, à Metz. Il est interné avec Napoléon III auquel il resta toujours fidèle. Libéré en mars 1871 il terminera sa vie retiré dans son château du Moncel, près de Bailleul dans l’Orne.

 

 

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